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Affichage des articles associés au libellé Mort

Insomnie

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  Lucas rouvrit les yeux. Non, décidément, il n’arrivait pas à trouver le sommeil. Demain pourtant, il devait retourner à l’école. La fin du week-end était arrivée trop rapidement, comme d’habitude. Il devait être au moins vingt-trois heures, peut-être même minuit. Il leva les yeux vers les rideaux bleus cachant la fenêtre. L’ombre des câbles électriques, éclairés par le lampadaire, se balançait au rythme du vent. Il revoyait encore sa mère, chaque soir, qui le portait dans ses bras et ouvrait la fenêtre en grand. Le froid s’engouffrait à travers son pyjama et il se mettait à frissonner, alors elle le serrait plus fort contre elle. Et elle lui murmurait : — Tu vois Lucas, Madame Dupuis, elle dort déjà, et Monsieur et Madame Gérard aussi, ils vont bientôt éteindre leurs lumières. Souvent, l’air sentait bon. Les fleurs, le feu de bois, le piquant du froid… Tout ça mélangé en une odeur. L’odeur de la nuit, l’odeur du vent sur son pyjama, l’odeur de maman qui lui murmure d’aller...

Slap !

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               Un bourreau A et le condamné B   A : Placez vos genoux ici, posez votre tête là.   B : On m’avait dit que j’aurais la chaise électrique.   A : Ah bon ? Bah trop tard. De toute façon, c’est mieux la guillotine.   B : Comment vous le savez ? Vous l’avez déjà testée ?   A : Non, il parait, c’est tout.   B : Les morts sont revenus pour vous faire une critique constructive des moyens de mise à mort ?   A : Oh mais arrêtez de parler, vous me stressez !   B : Je ne sais pas qui de nous deux est censé être le plus stressé…   A : Mais vous comprenez, c’est la première fois que je décapite quelqu’un.   B : Moi c’est la première fois que l’on me décapite, figurez-vous.   A : Vous êtes gentil de me le dire, je suis tout de suite moins intimidé.   B : Je n’ai quand même pas de bol d’avoir hérité d’un bourreau si débile.   A : Pa...

Que le vent froid m'emporte

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  Un hurlement retentit dans l’immensité des montagnes. C’est le mien, je crois… A vrai dire, je ne suis plus sûr de rien, le rideau de flocons brouille ma vue, la douleur brouille mon cerveau. Mais ce dont je suis sûr, et à mon plus grand malheur, c’est qu’il s’agit bien de ma fille que je tiens dans mes bras, ma toute petite fille, ma beauté, mon ange. Ses lèvres sont mauves, ses yeux fermés, sa peau se rapproche de la couleur de la neige, des larmes séchées se sont transformées en minuscules cristaux de glaces sur ses joues. Une expression crispée s’est figée à tout jamais sur son visage enfantin. Ce hurlement déchirant me revient en écho de tous côtés, comme des êtres invisibles qui partageraient ma détresse. Et la lune, dans ce décor noir et blanc, éclaire la scène de toute sa cruauté.   Je comprends. Je visualise la tragique explication à ce drame. La nuit passée, ma fille s’est vêtue de sa petite robe rouge de communion. Elle en était si fière, elle avait retenu l...

Le veilleur de nuit

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Les cris de madame Laluna me réveillèrent en sursaut.  Bon sang, j’allais me faire virer à m’endormir comme un gros paresseux sur ma chaise de bureau. Il me fallait un deuxième café. Mais d’abord, madame Laluna, qui n’avait apparemment pas envie de s’arrêter de pousser ces cris horribles… Comme si on la torturait dans son lit… Qu’on lui coupait orteil par orteil au couteau de cuisine… L’horreur. Il devait se passer des choses affreuses dans sa petite tête de mamie.  Je m’aventurai donc dans le long couloir sombre de l’épaisse bâtisse. J’aperçus au fond, face à la porte menant aux toilettes, une frêle silhouette, debout, immobile. Un frisson me parcourut mais je parvins à garder mon sang froid, plus qu’habitué à ce genre de rencontre.   - Je m’occupe de vous tout de suite après ! dis-je sur un ton se voulant le plus naturel possible, mais qui parut sûrement mal assuré.   J’entrai dans la chambre de madame Laluna et ouvrit l’interrupteur. Elle était assise, les...